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STOP A L'EXPLOITATION ANIMALE

CHASSE AUX REQUINS À LA RÉUNION...SUITE

12 Novembre 2011, 19:21pm

Publié par VGBIO

le point sur cette polémique et le rappel de la position de sea shepherd sur la chasse aux requins "mangeurs d'hommes" à la Réunion:

Le 29 septembre dernier, Sea Shepherd France publiait un communiqué intitulé "Les surfeurs réunionnais, une honte pour la communauté mondiale du surf". Suite à une quatrième attaque cette année, la deuxième mortelle, une panique ambiante (qui peut émotionnellement se concevoir) en a mené certains à réclamer activement auprès des autorités la solution aussi moralement dérangeante que concrètement inefficace d'une "pêche préventive" des requins "sédentarisés et ayant pris goût à la chair humaine".

Si l'inquiétude peut aisément se comprendre, la battue aux requins est quand à elle, critiquable en tous points. Sans revenir ici sur les chiffres, sans même invoquer la situation dramatique des requins et leur rôle essentiel dans un écosystème océanique fragile, nous souhaitons seulement revenir sur le fait que ce qui a d'autant plus déclenché notre colère chez Sea Shepherd, c'est précisément le fait que parmi ces groupes de pression en faveur de la battue figurent des surfeurs. Pourquoi en vouloir davantage aux surfeurs qu'aux commerçants ou aux citoyens lambda de cette prise de position ? Non pas parce que nous « avons une dent contre les surfeurs » comme cela a pu être dit par certains, mais justement parce que nous en sommes proches. Depuis toujours, le noyau dur de Sea Shepherd est composé de surfeurs, ils font partie des nos vétérans, ils sont avec nous en première ligne à bord des navires et à terre. Ils sont nos frères d'armes dans la lutte pour la défense des océans. Partenaires de « Surfeurs for Cetaceans », de « Women for Whales » (femme surfeuses engagées pour la défense des baleines) et de plusieurs surfeurs de renom parmi lesquels Kelly Slater ou Dave Rastovich mais aussi d'innombrables surfeurs anonymes, un lien fort a existé de tout temps entre la communauté du surf et Sea Shepherd. Ce lien s'enracine dans l'amour et le respect des océans.

Si les attaques de requins sont des tragédies humaines, il n'en reste pas moins que le respect de la vie des océans et des requins devrait être une valeur non négociable pour tous et à fortiori pour les surfeurs. Je reviens aussi sur une affiche que nous avons décidé de publier, alors même que la polémique commençait à retomber, à la suite du courrier signé du président de la ligue de surf (entre autres signataires), réclamant « d'urgence une deuxième battue aux requins », nous expliquons l'accroche. Elle est de nature à interpeler : « Le plus gros risque pour un surfer est d'être confondu avec un connard ». Le choix des mots n'est pas anodin et il convient d'en analyser le sens la tête froide. Le message à comprendre est bien que quand un surfer passe pour un connard, c'est qu'il y a une confusion. Pourquoi ? Parce que la nature du surfer n'est justement pas celle d'un connard... il est compréhensible que le message ait pu être mal interprété par certains, surtout à chaud mais s'il y a un message que nous souhaitons clarifier, c'est bien celui là.

Alors, qu'est ce qui peut bien créer cette confusion et faire passer les surfeurs pour des connards ? Et bien, c'est d'avoir une poignée de surfeurs qui ne représentent ni le courant majoritaire, ni la philosophie dominante de la communauté mais qui s'exprime néanmoins en son nom haut et fort dans les média et auprès des autorités. On nous a reproché de ne pas être sur place et de juger depuis la lointaine métropole de ce qui se passait à La Réunion. Mais on peut aussi retourner cet argument dans l'autre sens : quelle image du surf réunionnais dans son ensemble, ces quelques surfeurs pro-pêches renvoient ils au monde extérieur ? A tous ceux qui ne sont pas sur place ? Quelle image donnent ils de La Réunion ? Aussi peu nombreux soient ils, ils sont les seuls que nous ayons vus et entendu de l'extérieur, ils sont donc de facto, devenus les porte parole de tous.

Nous avions la conviction au moment où toute cette polémique a commencé, que l'ensemble des surfeurs ne défendait pas la pêche préventive, mais nous n'imaginions pas à quel point, cette minorité pro pêche n'était pas représentative de la communauté du surf réunionnais. Cet état de fait, rend d'autant plus dommageable et injuste cette réappropriation par quelques uns de la « parole du surfer Réunionnais ». Et en cela, les surfeurs qui ont toujours été contre cette battue aux requins mais qui ne l'ont pas suffisamment exprimé, sont partiellement responsables et c'est cela aussi que nous tenons à souligner. Cela dit, nous remercions tous les réunionnais (parmi lesquels de nombreux surfeurs) qui nous ont envoyé des messages courant septembre pour nous alerter sur la situation et nous demander d'intervenir.

Dans tous les combats que nous menons, même si les problématique diffèrent, nous retrouvons des schémas similaires à ce qui s'est passé ici : un groupe restreint de gens pro chasse/pêche extrêmement déterminé et combatif face à une majorité qui ne cautionne pas mais qui se tait... Ce groupe restreint tente d'ailleurs- souvent avec succès- de s'attribuer par défaut le crédit des voix de cette majorité silencieuse.

Comme l'a mentionné le Capitaine Watson dans sa lettre ouverte, les surfeurs sont les ambassadeurs des mers, et s'ils sont solidaires de leurs frères surfeurs, ils devraient l'être également des animaux marins avec qui ils partagent les vagues que leur offre l'océan.

Nous recevons depuis longtemps des demandes émanant de la Réunion venant de volontaires désireux d'ouvrir une antenne locale de Sea Shepherd sur l'ile. Donc il est faux de croire que cette polémique (dont nous nous serions volontiers passés quoi qu'en disent certains) est pour nous un moyen « d'implanter Sea Shepherd dans l'océan Indien ». Jusqu'à présent, Sea Shepherd France s'est toujours refusé à autoriser l'ouverture de ce groupe en raison des limites logistiques et financières, et d'une coordination avec la métropole rendue difficile pour cause de distance géographique. Les événements récents et les nombreux messages que nous avons reçus juste avant cette polémique et tout le long nous ont convaincu d'ouvrir un groupe sur l'île afin de fédérer ceux qui le souhaitent autour d'un objectif commun, plus global que la seule problématique des attaques de requins, pour une préservation de la réserve marine dans son ensemble et pour faciliter à terme, des interventions anti braconnage de la flotte de Sea Shepherd au sein de l'océan Indien. Cet objectif doit se réaliser avec et non pas contre les surfeurs réunionnais respectueux des océans. Le but de ce texte n'est pas d'appeler qui que ce soit à rejoindre ou à nous soutenir ce groupe, simplement à réaffirmer que Sea Shepherd n'est pas l'ennemi des surfeurs, qu'ils soient de La Réunion ou d'ailleurs.

Auteur

Lamya Essemlali, Présidente Sea Shepherd France

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