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STOP A L'EXPLOITATION ANIMALE

LE GRAAL, INFOS....

2 Mai 2010, 12:57pm

Publié par VGBIO



Il y a 4 ans, le GRAAL lançait sa démarche et réhabilitait la petite Schnauzer « THIA » issue du centre expérimental de thérapie génique (Nantes). Depuis, le GRAAL prend régulièrement des nouvelles de THIA et, à chaque appel, nous sommes heureux de constater qu’elle profite pleinement de sa nouvelle vie, gambadant dans les prés ou en pleine montagne et faisant le bonheur de ses adoptants. Que de progrès ! À sa sortie, THIA ne savait pas grand-chose de la « vraie vie » : elle ne savait ni descendre ni monter un escalier, ne connaissait pas la lumière du jour, n’était pas propre, ne se promenait pas en laisse, n’avait aucun rappel et se frottait le museau contre le sol avant d’entamer sa gamelle. Nos chances de succès au début de l’initiative étaient limitées au regard de nombreux scientifiques.
Convaincu de la nécessité de son action, de sa grande valeur éthique et symbolique, de sa faisabilité opérationnelle, de l’extraordinaire faculté de résilience des animaux (capacité à oublier et à se reconstruire malgré un passé difficile), le GRAAL a tenu son cap et a multiplié ses contacts auprès des laboratoires, institutions et syndicats professionnels, écoles vétérinaires, comités d’éthique, éleveurs d’animaux de laboratoire, ministères, éthologues et comportementalistes.
Sans démagogie aucune et en toute sincérité, le GRAAL tient à saluer celles et ceux qui, dans leur milieu et avec leurs moyens, ont rendu cette action possible. Vous trouverez dans ce bulletin la liste des scientifiques avant-gardistes qui soit travaillent avec nous aujourd’hui soit nous apportent leurs conseils et leur écoute bienveillante.
Notre démarche, outre les vies épargnées, permet à de nombreux scientifiques de porter « un autre regard » sur les animaux de laboratoire, qui d’objets deviennent sujets de réflexion et de considération
La considération croissante accordée aux valeurs éthiques (la France compte 22 comités d’éthique publics et autant de comités que de laboratoires privés) nous a beaucoup aidés. Fin janvier, le GRAAL a reçu l’assurance, par la voix de son Président, le Professeur Laurent André PARODI, que son projet serait examiné lors de la prochaine séance du Comité National d’Ethique sur l’expérimentation animale.
Cette reconnaissance s’explique en partie par le fait que le GRAAL ne « triche » pas avec ses partenaires, quels qu’ils soient, représentants de l’administration, scientifiques, médias ou associations. Notre langage est toujours le même, sans parti pris, sans non-dit, sans violence et toujours sur une base constructive et professionnelle. Cela nous a permis d’être reçus en janvier 2009 par le responsable des contrôles biologiques de SANOFI Lyon, à être entendus lors d’une séance interdisciplinaire à l’Académie de Médecine le 29 octobre 2008, à être entendus par les responsables de l’expérimentation animale du CNRS, … Notre projet fait actuellement l’objet d’une instruction à l’INRA, à la demande de sa Directrice, Madame Marion GUILLOU.
Les choses « bougent », la pression sociale de ces dernières années a largement permis aux unités de recherche de prendre conscience que les animaux n’étaient pas de simples instruments de paillasse de laboratoire et que le moins qui leur était dû était de leur garantir la vie sauve lorsque cela était envisageable.
La réhabilitation peut être un vecteur de réconciliation entre la Recherche et les citoyens. Car si les Français fondent de grands espoirs sur la recherche, ils sont également très attachés aux animaux, qu’ils considèrent comme des membres à part entière de leur famille (sondage IPSOS). Une large reconnaissance du principe de réhabilitation permettrait de réconcilier, en partie, ces intérêts contradictoires. Plusieurs débats et consultations publiques récentes tendent à prouver que le « train » est désormais en marche …
Citons la consultation de la Commission européenne lancée le 16 juin 2006auprès du public visant à connaître le point de vue des citoyens et des experts sur la manière de mieux traiter les animaux de laboratoire. La législation existante doit en effet être actualisée afin d’améliorer le bien-être des animaux d’expérience et d’assurer des conditions uniformes dans l’ensemble de l’Union Européenne pour les établissements qui pratiquent l’expérimentation animale.
Citons également le débat européen lancé en 2007 portant sur l’interdiction d’utiliser les primates pour l’expérimentation animale et le Règlement auquel il a récemment abouti. Citons enfin les rencontres « Animal et Société » organisées par le Ministère de l’Agriculture en 2008 et qui ont notamment abordé le sujet de la réinsertion des animaux de laboratoire dans la vie civile.
Ayant servi la science par millions (par milliards ?), depuis la nuit des temps, ayant constitué de véritables « Arches de Noé » et « Bestiaires vivants » au profit de la science qui les a observés, manipulés et disséqués (en témoignent les expériences de Galien, William Harvey, …), ayant été prélevés pour certains d’entre eux dans leurs milieux d’origine, il ne serait que juste et équitable de penser à offrir aujourd’hui une retraite aux animaux de laboratoire qui ont donné leurs vies pour une cause qui n’est pas la leur. Ces animaux sont curieusement les grands oubliés de l’histoire officielle de la médecine. Sentiment de culpabilité ? Volonté de ne pas officialiser une pratique qui fait débat ? Loin de n’être que des assemblages de cellules et d’organes, les animaux de laboratoire sont avant tout des êtres vivants. Sous réserve de certaines conditions, un animal qui entre aujourd’hui dans un protocole expérimental doit pouvoir en sortir vivant.
La démarche du GRAAL permet de remplacer l’euthanasie systématique par une possibilité de seconde vie lorsque les protocoles n’ont pas été invasifs et n’ont pas laissé les animaux en état de souffrance durable ou irrémédiable. Si les textes législatifs ou réglementaires n’ont pas explicitement prévu la sortie de protocole des animaux à des fins d’adoption ou de réinsertion sociale, ils n’ont pas, à contrario, interdit cette possibilité. Vous trouverez dans ce bulletin un argumentaire juridique qui montre bien la volonté du législateur d’éviter tout sacrifice inutile en vies animales.
En reconnaissant notamment la légitimité de la réhabilitation des animaux de laboratoire,la proposition de Directive du Parlement Européen et du Conseil relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques (Bruxelles, 5.11.08, COM 543 final) reconnaît la démarche du GRAAL. Nous reproduisons ci-après l’article 24 de cette proposition.
« Au terme de la procédure (NDLR : au terme du protocole expérimental), il convient de prendre la décision la plus appropriée quant au sort de l’animal, en fonction de son bien être et des risques potentiels pour l’environnement. Il y a lieu de sacrifier au moyen d’une méthode humaine les animaux dont le bien être serait compromis. Dans certains cas, il convient de mettre en liberté les animaux ou d’autoriser le placement des animaux comme les chiens et les chats dans des ménages, car l’opinion publique se préoccupe grandement de leur sort. Si des établissements prévoient de placer des animaux, il est essentiel que des dispositions soient prises pour les socialiser afin d’assurer le succès de leur placement, d’éviter aux animaux une détresse inutile et de garantir la sécurité publique ».
La proposition de Directive s’inscrit dans la stratégie générale de la Commission sur l’expérimentation animale qui prévoit notamment d’encourager davantage le développement, la validation, l’acceptation et l’application de méthodes alternatives et fournit une base solide pour l’application intégrale du principe des trois R (« Replacement, Reduction and Refinement ») dans les expérimentations animales. Après les 3 “R” de Russel et Burch en 1959, le GRAAL demande en 2009, aux autorités nationales et européennes, l’officialisation du 4ème “R” représentant la réhabilitation des animaux d’expérience.

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