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STOP A L'EXPLOITATION ANIMALE

Articles avec #non au specisme

REPOSE EN PAIX GROS MATOU

7 Août 2017, 12:41pm

Publié par VGBIO

Ton histoire est une histoire bien triste de spécisme ordinaire et quotidien……….mais je veux te rendre hommage ici et que les gens sachent que tu as existé et que ta petite vie avait de l’importance pour moi….autant que la mienne! hélas, les “humains” que tu as croisés étaient des spécistes et tu “n’étais qu’un chat” selon eux.
 
Nos vies se sont croisées pour la première fois fin juin, par hasard.
 
Je suis allée chez X (nous l’appellerons ainsi …) dans un entrepôt à plusieurs étages qu’il avait acheté des années auparavant je ne sais pas trop pourquoi, car il n’y habite pas.
 
Quand il a acheté cet entrepôt, tu étais là, petit, avec ton frère et ta mère. Il t’a acheté avec donc, si l’on peut dire, et vous a tout juste toléré. Ta mère, il ne l’aimait pas d’après ce que j’ai su, et quand elle est morte, il l’a juste jetée à la poubelle……….
 
Toi, petit amour, tu as vécu quelques années de plus, quelques années de galère………
 
Tu étais un matou noir et blanc avec de beaux reflets roux dans le noir, et ce qui m’a frappée quand je t’ai vu, c’est que tu avais une tête énorme par rapport à ton corps, assez petit et très musclé……..un beau corps de matou! dans la force de l’âge, tu devais avoir pas plus de 5-6 ans.
 
Et tu étais, quand je t’ai rencontré pour la première fois, en grande souffrance. Dans une salle de cet entrepôt, tu avais pour seul lit un morceau de carton posé sur une table, et dessous un bac de litière, pas nettoyé depuis des semaines et plein d’excréments, que tu ne devais plus utiliser depuis longtemps!
 
Certes, il vous nourrissait ton frère et toi, avec de mauvaises croquettes, sans plus. Tu n’avais jamais eu droit à de l’amour, des câlins, on ne t’avait jamais aimé assez pour te prendre en photo, te donner un panier confortable, et nettoyer ton bac. Tu n’avais jamais eu droit à une visite chez le vétérinaire, tu n’étais ni identifié (tu n’étais personne pour lui!) ni stérilisé……….tu étais juste une ombre dans le lieu, sans attention et sans soins.
 
 
Tu étais dans un état sanitaire déplorable, ton corps étais déjà tout délabré, pauvre amour…………et tu miaulais de souffrance, je l’ai tout de suite senti. Tu n’avais presque plus de poils, on voyait ta peau grise. Tout ton corps était presque complètement dénudé, seule ta belle grosse tête de matou avait encore des poils.
 
Je ne pouvais bien sûr, pas te laisser dans cet état sans réagir. J’ai donc demandé à X l’autorisation de t’emmener chez le vétérinaire pour te soigner. “Je ne paierai jamais pour les soins d’un chat, il va mal de temps en temps depuis que je le connais et se remet, puis va à nouveau mal, ce n’est pas grave! mais tu peux le prendre et l’adopter. Ne viens pas me présenter une note de véto, par contre.”
 
T’adopter, j’aurais bien voulu, mais je ne pouvais pas, ayant déjà 3 chats, dont une positive FELV, et un mâle dominant que ne supporte personne d’autre!
 
Avec K., une femme qui aide l’association locale de chats, on t’a donc emmené chez le vétérinaire de cette association. C’est un homme en retraite, mais qui continue à prodiguer des soins aux chats des associations, en faisant juste payer les médicaments.
 
Le voyage te sembla pénible, car tu ne connaissais ni la caisse à chat, ni la voiture. Il a diagnostiqué une infection généralisée, sans pouvoir en dire plus. Il t’a fait une piqûre d’antibiotique et t’a aussi donné un traitement pour une semaine. J'ai demandé à K. que son association te prenne en charge, mais c’était impossible, manque de place et d’argent……..
 
Je t’ai donc ramené chez X, en lui demandant de me donner des nouvelles………….ce qu’il ne fît pas, mais j’ai su par K que tu allais un peu mieux (une femme était venue te donner ton traitement tous les jours). Puis, plus de nouvelles pendant un mois. Inquiète, je suis passé chez X en fin de semaine.
 
Tu étais là, sur une table, miaulant toujours de douleur, avec certes un peu plus de poils, mais tu essayais désespérément de te lécher vers les reins, pour chasser la douleur, comme le faisait mon chat atteint de problèmes rénaux graves, dûs aux croquettes!
 
Quand j'ai dit à X que je trouvais que tu n’allais pas trop mieux, et que tu le montrais par tes miaulements, qui selon moi, exprimaient de la souffrance, il m’a juste répondu que tu miaulais sans arrêt pour avoir des croquettes, alors que ta gamelle était pleine (preuve que tu ne miaulais pas pour tes croquettes, donc, mais je ne cherche pas la logique chez certaines personnes…)
 
Et puis lundi dernier, K. m’a fait savoir que tu étais en train de mourir selon X. Son voisin t’avait trouvé sous l’escalier d’entrée de l’entrepôt, paralysé du train arrière. Il t’avait rentré et installé dans un carton, et tu n’en avais pas bougé depuis. Tu refusais toute nourriture et aussi tu ne buvais plus. J’ai appelé X et lui ai demandé ce qu’il allait faire. Il m’a affirmé que tu avais été empoisonné et dit qu’il avait contacté le vétérinaire de l’association pour que tu sois euthanasié! mais il n’avait pas trop le temps d’y aller et que ce serait bien que j’y aille, sinon, il pensait juste te laisser mourir comme ça………….
 
Bien sûr, je me suis précipitée pour te chercher et t’emmener te faire soigner. J’y croyais quand je t’ai vu. Tu étais dans ce carton, sans pouvoir bouger du tout, couché sur le côté, et tu miaulais de douleur, sans t’arrêter. Mais tu avais encore l’air vaillant, ton regard réclamait de l’aide, gros matou, et ta petite gueule l’exprimait! 
 
J’avais appelé K. pour qu’elle m’assiste lors de ce voyage. Pendant tout le voyage, tu as sans cesse miaulé faiblement.  Nous n’avions pas pu te mettre dans la caisse à chat car tu souffrais trop. Nous t’avions laissé dans le carton, mais tu ne cherchais même pas à bouger. Nous faisions des plans, pensant que tu allais te remettre, elle était prête à te prendre chez elle et te mettre au calme dans une pièce inoccupée le temps que tu ailles mieux. Tu n’avais manifestement pas été empoisonné, X se trompait: tu étais malade, gravement.
 
C’est donc avec espoir que nous sommes arrivées chez le vétérinaire. Il t’a examiné, et nous a dit que pour savoir ce que tu avais, il faudrait faire des tas d’analyses (sang et urine, etc..) et que ça allait coûter cher, mais a confirmé que tu n’avais pas été empoisonné ni victime d’un accident de la route. Il pensait que vu le peu de cas que X faisait de toi, il était préférable d’abréger ton calvaire en t’euthanasiant, car la somme à payer pouvait être élevée, et sur la durée en plus. J’ai fondu en larmes devant mon impuissance! K. a appelé X pour savoir ce qu’il fallait faire, et la sentence te condamnant est tombée: euthanasie!
 
Le vétérinaire a refusé d’ailleurs de te laisser repartir dans un tel état de souffrance. Nous n’avons pas eu 2 minutes pour réfléchir. Pas de prise en charge d’une association, un humain qui ne veut pas payer, de gros frais en vue, nous étions impuissantes……….donc, nous t’avons dit adieu, et le vétérinaire est parti dans une autre pièce t’enlever ta petite vie abrégée. J’étais effondrée quand il est revenu avec ton petit corps dans le carton, tu étais toujours pareil, on aurait dit que tu dormais, simplement, tu étais mort………….
 
Nous t’avons ramené chez X et déposé chez lui, il était absent. K. l’a appelé et lui a fait promettre de t’enterrer.
 
Voilà la triste histoire que j’ai eue à vivre lundi dernier.
 
J’ai mis du temps avant de pouvoir la raconter, et ce gros matou me hante toujours, cette vie abrégée qui aurait dû durer encore de longues années!
 
et ça m’a en même temps remis à vif la souffrance ressentie après l’euthanasie d’un animal aimé, même quand on a fait tout ce qu’il fallait et qu’on l’a soigné des années s’il était malade……….
 
Je sais vraiment pourquoi je mène un combat anti-spéciste: pour moi, la vie de n’importe quel animal est égale à celle d’un “humain”. Un animal mérite la même attention, les mêmes soins qu’un “humain”. Personne n’est obligé de vivre avec des animaux, et quand on le fait, on se doit de s’en occuper comme on le fait de nous même. Hélas, certains “humains”, (bien trop encore) se considèrent comme une espèce supérieure, ayant droit de vie et de mort sur les animaux. 
 
Repose en paix gros matou, là où tu es, tu ne souffriras plus de la lâcheté humaine. Et moi, tu resteras toujours dans mon coeur.
 
REPOSE EN PAIX GROS MATOU

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