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STOP A L'EXPLOITATION ANIMALE

Articles avec #non aux maltraitances des animaux

VICTOIRE! PAS D'ABATTAGE TOTAL DES BOUQUETINS SURVIVANTS DU BARGY

29 Novembre 2014, 22:16pm

Publié par VGBIO

enfin! une décision réclamée depuis des mois par tous les acteurs (hormis le préfet et la FNsea, donc les éleveurs!)

seuls les porteurs de la brucellose seront abattu!, donc, ils seront testés et les porteurs seront euthanasiés. Pas les animaux sains! ce qui semble logique, mais hélas, n'a été obtenu qu'après de longues semaines de lutte!

"Hier, le Conseil National de Protection de la Nature s’est réuni. Les positions du préfet ont été si violemment critiquées que la Ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, qui jusqu’alors était favorable à l’abattage total, a demandé au préfet de renoncer. Ainsi, France 3 explique aujourd’hui qu’on se dirige « vers un abattage exclusif des animaux malades, après l'utilisation d'un test homologué par l’Agence nationale de sécurité sanitaire. »

lire tout l'article ici:

http://lebruitduvent.overblog.com/2014/09/fil-actu-reprise-des-abattages-de-bouquetins-1ere-vague-lancee-puis-annulee.html

 

VICTOIRE! PAS D'ABATTAGE TOTAL DES BOUQUETINS SURVIVANTS DU BARGY

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TILIKUM DOIT ETRE LIBERE

25 Novembre 2014, 23:37pm

Publié par VGBIO

ce mâle orque est entrain de devenir fou enfermé dans un bassin minuscule où il ne peut même pas nager! Il DOIT ETRE LIBERE!

Et c'est comme ça depuis des années! regardez cette vidéo qui date de 1992! on voit déjà les conditions lamentables de détention!

regardez la vidéo, c'est vers 6 minutes qu'on voit où il est, dans ce qu'ils appellent "l'infirmerie". Pas étonnant qu'il soit devenu de plus en plus agressif avec les INhumains! il a déjà tué, et ça risque fort d'arriver encore, même s'il ne participe plus aux spectacles!

quelle honte!

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POUR LE FBI, LA MALTRAITANCE ANIMALE EST UNE INFRACTION MAJEURE

11 Octobre 2014, 14:51pm

Publié par VGBIO

un article de one voice, oui, pour une fois, les américains nous donnent un exemple à suivre! à quand cette mesure en France?

"Octobre 2014. Aux Etats-Unis, le FBI reconnaît l’importance d’identifier précocement et de punir sévèrement les responsables de crimes sur les animaux. Il vient de les classer comme une infraction majeure à part entière, comme les meurtres et les agressions. One Voice appelle de ses vœux la mise en place des mêmes mesures en France.

Établir des statistiques précises
Dès 2015, le Federal Bureau of Investigation (FBI) va enregistrer les cruautés sur les animaux comme une infraction distincte dans son système d’information Uniform Crime Report, considéré comme la meilleure source de statistiques criminelles des États-Unis.
Ces crimes, jusqu’alors répertoriés sous le terme générique « Autres infractions », seront désormais considérés comme des infractions majeures, à l’image des meurtres, des agressions et des incendies criminels. Ceci va permettre d’établir des statistiques plus précises sur les actes de cruauté commis contre les animaux, d’identifier plus efficacement les auteurs et de les punir plus sévèrement.

Un lien avéré avec la criminalité
Cette décision survient après que la National Sheriff’s Association et l’Animal Welfare Institute aient proposé que les crimes envers les animaux soient listés comme une infraction séparée dans le National Incident Based Reporting System, d’après lequel est généré l’Uniform Crime Report. Elle s’appuie sur les études qui montrent que les tueurs en série et les criminels violents débutent souvent leur « parcours » en commettant des délits contre des animaux. D’une façon plus générale, le lien entre maltraitance animale, violence domestique, maltraitance des enfants et maltraitance des personnes âgées, est avéré.
Bien que ce nouveau système n’ait pas vu le jour pour protéger les animaux en première intention, il sera néanmoins efficace car il va faire prendre conscience de la gravité de la maltraitance animale aux autorités. Et il affirme la reconnaissance par le FBI de l’importance de ce lien entre maltraitance animale et violence humaine.

Un crime contre la société
La cruauté envers les animaux sera considérée comme un crime contre la société. Cette infraction comprend quatre catégories : négligence simple, abus intentionnel et torture, abus organisé (combats de chiens, de coqs…) et abus sexuel sur un animal.
Le FBI définit ainsi la cruauté envers un animal : « Faire une action intentionnellement, sciemment ou par imprudence qui maltraite ou tue un animal sans raison valable, comme la torture, la mutilation, l’empoisonnement ou l’abandon. Sont inclus : les manquements à l’obligation de fournir des soins, par exemple le logement, la nourriture, l’eau, les soins en cas de maladie ou de blessure ; transporter ou confiner un animal d’une manière susceptible de causer des blessures ou la mort ; faire combattre un animal contre un autre ; infliger des souffrances excessives ou répétées sans raison, par exemple utiliser des objets pour battre ou blesser un animal ».

Accroître la prise de conscience de la cruauté
Ce changement s’inscrit dans une tendance plus large visant à accroître la prise de conscience de la cruauté envers les animaux aux Etats-Unis, grâce aux actions menées depuis des années par leurs défenseurs.
Les officiers de police et de justice prennent de plus en plus au sérieux les actes de cruauté sur un animal, comme le montrent de récents jugements de tortionnaires d’animaux qui ont abouti à des condamnations significatives : 5 ans de prison pour l’auteur du viol répété de Rose, chienne pitbull, en Floride, 15 ans et demi de prison pour le propriétaire d’un chien battu presque à mort en Californie…
La prise en compte de la maltraitance animale est encore inégale aux Etats-Unis. Dans certains Etats, les vétérinaires sont légalement obligés de déclarer aux autorités tout mauvais traitement et même toute suspicion de mauvais traitement alors que dans d’autres, cela leur est interdit. La situation progresse toutefois, comme le montre notamment le vote unanime du conseil de la ville de New York en février 2014 pour la création d’un registre des personnes maltraitant les animaux.
Ce registre va compiler les noms des personnes condamnées pour maltraitance afin de leur interdire d’avoir tout contact avec des animaux pendant au moins 5 ans. Les refuges et les animaleries de la ville devront consulter ce registre avant de vendre ou de faire adopter un animal. D’autres Etats américains devraient adopter la même mesure.

Et en France ?
One Voice travaille depuis des années pour que les autorités françaises prennent enfin la maltraitance animale au sérieux, punissent sévèrement ses auteurs et adoptent des lois adaptées aux divers types de maltraitance. Développer les projets de collaboration des différents organismes, et adapter les lois autour du lien entre maltraitance animale et violence humaine, est pour l’association essentiel dans la prévention de la violence, quelle qu’elle soit. One Voice applaudit la décision du FBI et espère qu’elle préfigure des évolutions dans d’autres pays dont la France."

POUR LE FBI, LA MALTRAITANCE ANIMALE EST UNE INFRACTION MAJEURE

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LES MOUTONS DU DOMAINE DES DOUAGES EN DANGER DE MORT

22 Avril 2014, 22:51pm

Publié par VGBIO

SIGNEZ POUR LES SAUVER!

vous savez, c'est cette éleveuse qui a pris conscience que l'élevage était une pratique cruelle et a décidé de transformer son élevage en sanctuaire sans les envoyer à l'abattoir.
Mais le propriétaire de la ferme doit vendre car il a des ennuis financiers, et les moutons risquent fort de finir à l'abattoir si c'est la SAFER qui rachète, or, ils ont un droit de préemption!

tous les détails tirés du site de L 214:

Expulsés de leur refuge, 750 moutons sont en danger

750 moutons vivent au Domaine des Douages, sanctuaire de 90 ha situé dans la Nièvre. Tous les animaux que vous y croisez proviennent d'élevages où leurs jours étaient comptés, où leur mort à l'abattoir était certaine. Mais leur destin a radicalement changé le jour où Dominique et Jonathan les ont recueillis et leur ont ainsi épargné une mort violente et précoce.

Éleveuse d'ovins, Dominique abandonne le métier il y a 14 ans et met ses compétences au service des animaux en créant ce sanctuaire pour les moutons.

Il y a 2 mois, ils ont reçu un avis d'expulsion : le propriétaire du site est endetté, la maison et les terres sont saisies et seront alors vendues aux enchères le 6 mai prochain.

Une solution est trouvée mais...

Le Président de la Fondation pour une Terre Humaine se porte alors acquéreur. Mais dans le même temps, nous apprenons que la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER) bénéficie d'un droit de préemption sur la vente et est intéressée pour acquérir ces terres. Si la SAFER achète le site, les moutons du Domaine des Douages seront envoyés à l'abattoir.

Cinq associations se mobilisent

L214, la Fondation 30 millions d'amis, la Fondation Brigitte Bardot, laFondation pour une Terre Humaine, l'OABA ont adressé une lettre communeau Président de la SAFER, au Préfet de la Région Bourgogne et à la Préfète de la Nièvre leur demandant de préserver le travail remarquable de Dominique et Jonathan et de laisser vivre en paix les moutons du Domaine des Douages.

Pour nous aider à sauver ces animaux, soutenez notre demande commune auprès de la préfecture et de la SAFER en signant la pétition : "Sauvons le refuge du Domaine des Douages et ses 750 moutons"

En savoir plus sur le refuge du Domaine des Douages

LES MOUTONS DU DOMAINE DES DOUAGES EN DANGER DE MORT

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Assemblée: les animaux reconnus comme "doués de sensibilité" (commission)

16 Avril 2014, 19:09pm

Publié par VGBIO

Espérons que cette petite amélioration sera effectivement bien votée!

dépêche AFP

La commission des Lois de l'Assemblée nationale a reconnu mardi aux animaux la qualité "d'être vivants doués de sensibilité", alors que jusqu'à maintenant le Code civil les considère comme "des biens meubles", selon une source parlementaire.

Cette modification législative fait l'objet d'une pétition lancée il y a près de deux ans par la fondation de protection animale 30 Millions d'amis, et qui a reçu le soutien de plusieurs intellectuels.

La commission a adopté un amendement socialiste en ce sens, dans le cadre d'un projet de loi de modernisation et de simplification du droit, qui sera soumis au vote dans l'hémicycle, mardi soir et mercredi.

Actuellement, le code rural et le code pénal "reconnaissent, explicitement ou implicitement, les animaux comme +des êtres vivants et sensibles+" mais pas le Code civil, explique les auteurs de l'amendement, au premier chef le député PS des Hautes-Pyrénées Jean Glavany.

L'amendement doit permettre, selon eux, de "concilier la qualification juridique et la valeur affective" de l'animal. "Pour parvenir à un régime juridique de l'animal cohérent, dans un souci d'harmonisation de nos différents codes et de modernisation du droit, l'amendement donne une définition juridique de l'animal, être vivant et doué de sensibilité, et soumet expressément les animaux au régime juridique des biens corporels en mettant l'accent sur les lois spéciales qui les protègent".

89% des Français sont favorables à une telle modification du Code civil, selon un sondage Ifop réalisé fin octobre pour 30 millions d'amis. A la même période, une vingtaine d'intellectuels, philosophes, écrivains, historiens et scientifiques français se sont également prononcé en ce sens.

Il s'agit notamment des philosophes Michel Onfray et Luc Ferry, de l'écrivain Erik Orsenna, de l'Académie française, de l'astrophysicien Hubert Reeves, président de Humanité et Biodiversité, et de Matthieu Ricard, moine bouddhiste et docteur en génétique cellulaire.

Assemblée: les animaux reconnus comme "doués de sensibilité" (commission)

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TEMOIGNAGE CONCRET SUR L'HORREUR DE L'ABATTOIR

28 Mars 2014, 16:50pm

Publié par VGBIO

Une étudiante en médecine vétérinaire en stage dans un abattoir témoigne de l'indicible horreur qui y règne. Lisez, surtout si vous mangez des animaux!

J’ai emporté une vieille veste; bien m’en a pris. Pour un début d’octobre, il fait un froid glacial. Ce n’est pourtant pas pour cette seule raison que je frissonne. J’enfonce les mains dans mes poches, m’efforce de montrer un visage avenant pour écouter le directeur de l’abattoir m’expliquer qu’on ne procède plus depuis longtemps à un examen complet de chaque bête, seulement à une inspection. Avec 700 cochons par jour, comment cela serait-il possible?

« Ici, il n’y a aucun animal malade. Si c’est le cas, nous le renvoyons tout de suite, avec une amende salée pour le livreur. S’il le fait une fois, il ne le fera pas une deuxième ». Je baisse la tête comme pour m’excuser – tenir, simplement tenir, tu dois tenir ces six semaines – que deviennent les porcs malades?

« Il y a un abattoir tout à fait spécial ». Je possède une certaine expérience concernant les règlements relatifs au transport et sais à quel niveau la protection des animaux est à présent reconnue. Ce mot, prononcé dans un tel endroit, a une résonance macabre. Dans l’intervalle, un gros camion d’où s’échappent des cris stridents et de lugubres grognements est venu se ranger face à la rampe. Dans la pénombre du matin, on distingue mal les détails; toute la scène revêt un aspect irréel et rappelle quelque sinistre reportage de guerre montrant des rangées de wagons gris et les visages blêmes et terrorisés d’une masse de gens humiliés, sur la rampe de chargement, embarqués par des hommes en armes. Tout d’un coup, je m’y trouve en plein cœur, et c’est comme quand on fait un cauchemar dont on se réveille couvert de sueurs froides: au milieu de ce brouillard, par un froid glacial, dans ce demi-jour sale du bâtiment immonde, bloc anonyme de béton, d’acier et de catelles blanches, tout derrière, à la lisière du bois recouvert d’une légère gelée; ici se passe l’indicible, ce dont personne ne veut rien savoir.

Les cris, c’est la première chose que j’entends chaque matin lorsque j’arrive pour obtenir mon certificat de stage de pratique. Un refus de ma part d’y participer aurait signifié pour moi cinq années d’études perdues et l’abandon de tous mes projets d’avenir. Mais tout en moi – chaque fibre, chaque pensée – n’est que refus, répulsion et effroi, et la conscience d’une insurmontable impuissance: devoir regarder, ne rien pouvoir faire, et ils vont te forcer à coopérer et te souiller de sang. De loin déjà, quand je descends du bus, les cris des cochons me transpercent comme un poignard. Pendant six semaines, des heures durant, sans répit, ces cris retentiront à mes oreilles. Tenir. Pour toi, cela aura une fin. Pour les animaux, jamais.

Une cour déserte, quelques camions frigorifiques, des moitiés de cadavres de cochons pendus à des crochets, aperçus à travers une porte, dans un éclairage aveuglant. Tout ici est d’une propreté méticuleuse. Cela, c’est la façade. Je cherche l’entrée; elle est située de côté. Deux bétaillères passent devant moi, ses phares jaunes allumés dans la brume matinale. La lumière blanche des fenêtres éclairées me montre le chemin. Après avoir monté quelques marches, je me retrouve à l’intérieur, où tout est carrelé en blanc. Pas d’âme humaine en vue. Ensuite un corridor, blanc lui aussi, et le vestiaire pour les dames. Il est bientôt 7 heures, et je me change: du blanc, du blanc, du blanc! Mon casque d’emprunt oscille d’une façon grotesque sur mes cheveux raides. Mes bottes sont trop grandes. Je retourne dans le corridor et me range du côté des vétérinaires. Aimables salutations. « Je suis la nouvelle stagiaire ». Avant de continuer, les formalités. « Enfilez un vêtement chaud, allez chez le directeur et remettez-lui votre certificat de santé. Le Dr. XX vous dira alors où vous commencerez ».

Le directeur est un homme jovial, qui me parle d’abord du bon vieux temps où l’abattoir n’était pas encore privatisé. Puis s’interrompant à regret, il décide de me faire visiter personnellement les lieux. C’est ainsi que j’arrive sur la rampe. A main droite des enclos de béton fermés par des barres en fer. Quelques-uns sont prêts, remplis de cochons. « Nous commençons ici à 5 heures du matin ». On les voit se bousculant ici ou se traînant là; quelques groins curieux arrivent à passer à travers la grille; des petits yeux méfiants, d’autres fuyants ou en plein désarroi. Une grande truie se jette sur une autre; le directeur se saisit d’un bâton et la frappe plusieurs fois sur la tête. « Autrement, ils se mordent méchamment ».

En bas de la rampe, le transporteur a abaissé le pont du camion, et les premiers cochons, apeurés par le bruit et la raideur de la pente, se poussent vers l’arrière; mais entre-temps un convoyeur est monté à l’arrière et distribue des coups de trique en caoutchouc. Je ne m’étonnerai pas, plus tard, de la présence de tant de meurtrissures rouges sur les moitiés de cochons. « Avec les cochons, il est interdit d’utiliser le bâton électrique » explique le directeur. Certains animaux tentent quelques pas hésitants, en trébuchant parfois. Puis les autres suivent. L’un d’entre eux glisse et sa patte se coince entre la rampe et le pont; il remonte et continue en boitant. Ils se retrouvent à nouveau entourés de barres de fer qui les mènent inévitablement à un enclos encore vide. Lorsque les cochons se trouvant à l’avant arrivent dans un coin, ils s’y entassent en bloc et s’y cramponnent avec fermeté, ce qui fait pousser à l’employé des jurons de colère et cravacher les cochons de l’arrière qui, pris de panique, essaient de grimper par-dessus leurs compagnons d’infortune. Le directeur hoche la tête: « Ecervelé, simplement écervelé. Combien de fois ai-je déjà dit qu’il ne servait à rien de frapper les cochons se trouvant à l’arrière! ».

Pendant que j’assistais, pétrifiée, à cette scène – rien de tout cela n’est réel, tu rêves – le directeur se retourne pour saluer le convoyeur d’un autre transport, arrivé en même temps que le précédent et qui s’apprête à décharger. La raison pour laquelle tout est allé ici beaucoup plus vite, mais avec beaucoup plus de cris, je l’ai tout de suite vu: derrière les porcs qui trébuchent, un deuxième homme apparu dans l’aire de déchargement assène, pour accélérer l’opération, des chocs électriques. Je regarde l’homme, ensuite le directeur: « Vous savez pourtant que c’est interdit avec les porcs ». L’homme regarde étonné, puis range l’instrument dans sa poche.

Par derrière, quelque chose se frotte à moi à la hauteur des genoux; je me tourne et j’aperçois deux yeux bleus vifs. Je connais de nombreux amis des animaux qui s’enthousiasment pour les yeux animés de sentiments si profonds des chats, pour le regard indéfectiblement fidèle des chiens. Mais qui parle de l’intelligence et de la curiosité perceptibles dans les yeux d’un cochon? Bientôt, j’apprendrai à les connaître, ces yeux, mais d’une autre manière: muets de peur, abattus de douleur, puis vidés, brisés, exorbités, roulant sur un sol maculé de sang.

Une pensée me traverse l’esprit comme un couteau acéré, et elle me reviendra des centaines de fois au cours des semaines suivantes: Manger de la viande est un crime – un crime …

Après un tour rapide de l’abattoir, je me retrouve dans la salle de pause. Une fenêtre qui s’ouvre sur la salle d’abattage laisse voir des cochons couverts de sang, suspendus, défilant dans une chaîne sans fin. Indifférents, deux employés prennent leur petit déjeuner. Du pain et du saucisson. Leurs tabliers blancs sont couverts de sang. Un lambeau de chair est accroché à la botte de l’un d’eux. Ici, le vacarme inhumain qui m’assourdira lorsque je serai conduite dans la salle d’abattage est atténué. Je reviens en arrière, car une moitié de cadavre de cochon a tourné le coin à vive allure et a heurté la moitié suivante. Elle m’a frôlée, chaude et molle. Ce n’est pas vrai – c’est absurde – impossible.

Tout me tombe dessus en une fois. Les cris perçants. Le grincement des machines. Le bruit métallique des instruments. La puanteur pénétrante des poils et des peaux brûlés. L’exhalaison de sang et d’eau chaude. Des éclats de rire, des appels insouciants des employés. Des couteaux étincelants passant au travers des tendons pour pendre aux crochets des moitiés d’animaux sans yeux dont les muscles sont encore palpitants. Des morceaux de chair et d’organes tombent dans un caniveau par où du sang s’écoule en abondance, et ce liquide écœurant m’éclabousse. On glisse sur des morceaux de graisse qui jonchent le sol. Des hommes en blanc, sur les tabliers desquels le sang dégouline, avec, sous leurs casques ou leurs képis, des visages comme on peut en voir partout: dans le métro ou au supermarché. Involontairement, on s’attend à voir des monstres, mais c’est le gentil grand-père du voisinage, le jeune homme désinvolte qui déambule dans la rue, le monsieur soigné qui sort d’une banque. On me salue aimablement. Le directeur me montre encore rapidement la halle d’abattage des bovins, vide aujourd’hui. « Les bovins sont là le mardi ». Il me confie alors à une employée en déclarant qu’il a à faire. « Vous pouvez tranquillement visiter seule la halle d’abattage ». Trois semaines s’écouleront avant que je trouve le courage d’y aller.

Le premier jour n’est encore pour moi qu’une sorte de quart d’heure de grâce. Je vais m’asseoir dans une petite pièce à côté de la salle de pause et heure après heure, je découpe en petits morceaux des chairs provenant d’un seau d’échantillons qu’une main tachée de sang remplit régulièrement dans la halle d’abattage. Chacun de ces petits morceaux – un animal. Le tout est alors haché et réparti en portions, auxquelles on ajoute de l’acide chlorhydrique et que l’on fait cuire, pour le test de trichine. L’employée qui m’accompagne me montre tout. On ne trouve jamais de trichine, mais le test est obligatoire.

Le jour suivant, je me rends donc seule dans une partie de la gigantesque machine à découper les morceaux. Une rapide instruction – « Ici, retirer le reste des os du collier de l’arrière-gorge et séparer les nœuds des glandes lymphatiques. Parfois, un sabot pend encore à un patte, il faut l’enlever ». Alors, je découpe, il faut faire vite, la chaîne se déroule sans répit. Au-dessus de moi, d’autres morceaux du cadavre s’éloignent. Mon collègue travaille avec entrain, tandis que dans le caniveau tant de liquide sanguinolent s’accumule que j’en suis éclaboussée jusqu’au visage. J’essaye de me ranger de l’autre côté, mais là une énorme scie à eau coupe en deux les corps des cochons; impossible d’y rester, sans être trempée jusqu’aux os. En serrant les dents, je découpe encore, mais il faut que je me dépêche, pour pouvoir réfléchir à toute cette horreur, et par dessus le marché il faut que je fasse diablement attention de ne pas me couper les doigts. Le lendemain, j’emprunterai d’une collègue stagiaire qui a terminé son stage une paire de gants en métal. J’arrête de compter les cochons qui défilent devant moi, ruisselants de sang. Je n’emploierai plus de gants en caoutchouc. Il est vrai qu’il est répugnant de fouiller à mains nues dans des cadavres tièdes, mais si l’on se retrouve plein de sang jusqu’aux épaules, le mélange poisseux des liquides corporels pénètre de toute façon à l’intérieur des gants et rend ces derniers superflus. Pourquoi tourner des films d’horreur, quand tout cela se trouve ici?

Le couteau est bientôt émoussé. « Donnez-le moi, je vais vous l’aiguiser ». Le brave grand-père, en réalité un ancien inspecteur des viandes, me lance un clin d’œil. Après m’avoir rapporté le couteau aiguisé, il se met à faire la causette ici et là, me raconte une blague puis se remet au travail. Il me prend désormais un peu sous son aile et me montre quelques trucs qui facilitent quelque peu le travail à la chaîne. « Ecoutez? Ici tout cela ne vous plaît pas. Je le vois bien. Mais cela doit se faire ». Je ne peux pas le trouver antipathique. Il se donne beaucoup de mal pour me rassurer. La plupart des autres aussi s’efforcent de m’aider; ils s’amusent certainement à observer ces nombreux stagiaires, qui vont et viennent ici, qui sont d’abord choqués, puis qui poursuivent en serrant les dents leur période de stage. Toutefois, ils demeurent bienveillants. Il n’y a pas de chicaneries. Il me vient à penser que – à part quelques exceptions – les personnes qui travaillent ici ne réagissent pas de façon inhumaine; elles sont juste devenues indifférentes, comme moi aussi avec le temps. C’est de l’autoprotection. Non, les vrais inhumains sont ceux qui ordonnent quotidiennement ces meurtres de masse, et qui, à cause de leur voracité pour la viande condamnent les animaux à une vie misérable et à une lamentable fin, et forcent d’autres humains à accomplir un travail dégradant qui les transforme en êtres grossiers. Moi-même, je deviens progressivement un petit rouage de ce monstrueux automatisme de la mort. Au bout d’un certain temps, ces manipulations monotones commencent à devenir automatiques, mais elles restent aussi très pénibles. Menacée d’étouffement par le vacarme assourdissant et l’indescriptible horreur omniprésente, la compréhension reprend le dessus sur les sens hébétés et se remet à fonctionner. Faire la différence, remettre de l’ordre, essayer de discerner. Mais cela est impossible.

Lorsque pour la première fois – en fait, le deuxième ou troisième jour – j’ai pris conscience que le corps saigné, brûlé et scié de l’animal, palpitait encore et que sa petite queue remuait toujours, je n’étais plus en mesure de me mouvoir. « Ils … ils bougent encore … », dis-je, même si en tant que future vétérinaire j’avais appris que c’était les nerfs. J’entends marmonner: « Mince alors, il y en a un qui a fait une faute, il n’est pas tout à fait mort ». Un frémissement spectral agite de partout les moitiés de bêtes. C’est un lieu d’horreur. Je suis glacée jusqu’à la moelle.

Rentrée à la maison, je me couche sur mon lit, les yeux au plafond. Passer les heures, les unes après les autres. Chaque jour. Mon entourage réagit avec irritation. « N’aie pas l’air si renfrognée; fais donc un sourire. Tu voulais absolument devenir vétérinaire ». Vétérinaire, oui, mais pas tueuse d’animaux. Je ne peux pas me retenir. Ces commentaires. Cette indifférence. Cette évidence de meurtre. Je voudrais, je dois parler, dire ce que j’ai sur le cœur. J’en étouffe. Je voudrais raconter ce que j’ai vu sur le cochon qui ne pouvait plus marcher, progressant tant bien que mal sur son train arrière, jambes de côté; sur les cochons qui reçoivent des coups de trique et de pied jusqu’à ce qu’ils finissent par entrer dans le box d’abattage. Ce que j’ai vu en me retournant: comment l’animal est scié devant moi et accroché en oscillant: morceaux de muscles partagés en deux parties égales à partir de l’intérieur des cuisses. Nombre d’abattages par jour 530, jamais je ne pourrai oublier ce chiffre.

Je voudrais parler de l’abattage des bovins, de leurs doux yeux bruns, remplis de panique. De leurs tentatives d’évasion, de tous les coups et les jurons, jusqu’à ce que la misérable bête soit finalement prisonnière de l’enclos fermé par des barres de fer et une serrure à double tour, avec vue panoramique sur la halle où ses compagnons d’infortune sont dépouillés de leur peau et coupés en morceaux; puis l’avancée mortelle, et dans le moment qui suit la chaîne que l’on accroche à une patte arrière et dont l’animal tente vainement de se débarrasser en la projetant vers le haut, tandis que, déjà, par en-dessous, sa tête est tranchée. Des flots de sang qui giclent à profusion du corps sans tête, tandis que les pattes se recroquevillent … Raconter à propos des bruits atroces de la machine qui arrache la peau du corps, du geste du doigt, circulaire et automatisé, pour ôter le globe de l’œil de son orbite – artère sectionnée, saignante, coulant à flot à l’extérieur – et le jeter dans un trou à même le sol, où il disparaîtra parmi tous les « déchets ». Le bruit provenant des envois sur le dévaloir en aluminium usé, des abats retirés du cadavre décapité et qui ensuite, sauf le foie, le cœur, les poumons et la langue – destinés à la consommation – sont aspirés dans une sorte de collecteur d’ordures.

C’est vrai que je voudrais raconter qu’il arrive toujours qu’au milieu de ces montagnes visqueuses et sanguinolentes se trouvera un utérus gravide, et que j’ai vu des petits veaux déjà tout formés, de toutes les tailles, fragiles et nus, les yeux clos, dans une enveloppe utérine qui n’est plus en mesure de les protéger – le plus petit aussi minuscule qu’un chat nouveau-né, et quand même une vache en miniature, le plus grand au poil tendre et soyeux, d’un blanc cassé, avec de longs cils autour des yeux, dont la naissance devait avoir lieu quelques semaines plus tard. « Est-ce que ce n’est pas un miracle, ce que la nature crée? » constate le vétérinaire de service cette semaine-là, en jetant l’utérus avec le fœtus ensemble dans le gargouillant moulin à déchets. J’ai maintenant la certitude qu’aucun dieu ne peut exister puisqu’aucun éclair ne vient du ciel pour punir tous ces forfaits commis ici-bas, et que ceux-ci se perpétuent interminablement. Ni pour soulager la vache maigre et pitoyable qui, à mon arrivée à 7 heures le matin, se traîne à bout de force, au prix d’efforts désespérés, dans le couloir glacé, plein de courants d’air, et s’allonge juste devant le box de la mort; pour elle, il n’existe aucun dieu, ni personne d’ailleurs, pour lui donner une petite tape pour l’aider. Avant tout, il faut traiter le reste des animaux prévus pour l’abattage. Quand je quitte à midi, la vache est encore couchée et tressaille; personne en dépit d’instructions répétées n’est venu la délivrer. J’ai alors desserré le licou qui lui tranchait impitoyablement la chair et lui ai caressé le front. Elle m’a regardé avec ses grands yeux, et j’ai alors appris en cet instant que les vaches pouvaient pleurer.

Mes mains, ma blouse, mon tablier et mes bottes sont barbouillés du sang de ses congénères: pendant des heures, je suis restée à la chaîne, en train de couper des cœurs, des poumons et des foies. J’ai déjà été prévenue: « Avec les bovins, on est toujours totalement immergé! ». C’est cela que je voudrais communiquer, afin de ne pas porter seule le fardeau, mais dans le fond il n’y a personne qui veuille m’écouter. Ce n’est pas qu’au cours de cette période on ne m’ait pas souvent assez posé la question: « Et à l’abattoir, comment ça va? Moi, en tout cas, je ne pourrais pas le faire ». Avec mes ongles enfoncés dans les paumes des mains je gratte les lunules jusqu’au sang pour ne pas frapper ces visages apitoyés, ou pour ne pas jeter le téléphone par la fenêtre; pleurer, voilà ce que je voudrais faire, mais depuis que j’ai vu ce spectacle quotidiennement, chaque cri s’est étouffé dans ma gorge. Personne ne m’a demandé si je pouvais tenir. Les réactions à des réponses si parcimonieuses trahissent le malaise à ce sujet. « Oui, cela est tout à fait terrible, aussi nous ne mangeons plus que rarement de la viande ». Souvent je m’encourage: « Serre les dents, tu dois tenir, bientôt tout cela sera derrière toi ». Pour moi, que le massacre continue jour après jour est l’une parmi les pires manifestations d’indifférence et d’ignorance. Je pense que personne n’a compris que ce ne sont pas ces six semaines à surmonter qui sont importantes, mais bien ce monstrueux meurtre de masse, qui se renouvelle des millions de fois, et dont sont responsables tous ceux d’entre nous qui mangent de la viande. En particulier, tous ceux qui se prétendent amis des animaux et mangent de la viande: ils ne sont pas dignes de confiance. « Arrête, ne me coupe pas l’appétit! ». C’est aussi avec ce type de réaction que plus d’une fois je suis restée muette. Parfois le ton monte: « Mais tu es une terroriste, toute personne normale doit rire de toi ». Comment s’en sortir seule dans de tels instants? Il m’arrive d’aller regarder le petit fœtus de veau que j’ai ramené à la maison et que j’ai mis dans du formol. ‘Memento mori’. Et laisser en rire les « gens normaux ».

Les choses deviennent abstraites quand on est entouré de tant de morts violentes; la vie à titre individuel apparaît alors comme infiniment dénuée de sens. Quand je regarde les rangées anonymes de cochons transportés sous la même forme à travers la halle, je me demande: « Les choses seraient-elles différentes si à la place de cochons, il y avait des humains? ». D’autant plus que l’anatomie de la partie arrière de l’animal, épaisse, parsemée de pustules et de taches rouges, rappelle étrangement ce que l'on peut voir sur les plages ensoleillées des vacances: des amas de graisse débordant des maillots de bain trop étroits. En outre, les cris qui retentissent interminablement dans la halle d’abattage quand les animaux sentent approcher la mort pourraient provenir de femmes et d’enfants. Ne plus faire la différence devient inévitable. Il y a des moments où je pense: Arrêter, cela doit s’arrête. Pourvu qu’il fasse vite avec la pince électrique, pour qu’enfin cela s’arrêter. « Beaucoup d’animaux ne crient pas » a dit une fois l’un des vétérinaires, « alors que d’autres se figent comme des statues en se mettant à crier sans aucune raison ». Je me demande pour ma part comment ils peuvent rester immobiles et « crier sans aucune raison ». Plus de la moitié du temps de stage est écoulé lorsque je pénètre enfin dans la halle d’abattage pour pouvoir dire: « j’ai vu ». Ici se termine le chemin qui débute à la rampe de déchargement. Le lugubre corridor sur lequel débouchent tous les enclos se rétrécit jusqu’à une porte ouvrant sur un box d’attente ayant une capacité de 4 ou 5 cochons. Si je devais décrire en image le concept de « peur », je le ferais en dessinant des cochons blottis les uns contre les autres contre une porte fermée, et je dessinerais leurs yeux. Des yeux que plus jamais je ne pourrai oublier. Des yeux que chacun d’entre nous qui veut manger de la viande devrait avoir regardés.

Les cochons sont séparés à l’aide d’une trique en caoutchouc. L’un d’entre eux est poussé en direction d’un espace fermé de tous côtés. Il crie, et comme souvent le gardien a encore autre chose à faire, l’animal essaye de reculer et s’évader par l’arrière jusqu’à ce qu’enfin, à l’aide d’une clapet électrique, il puisse verrouiller l’issue. Par une pression sur un bouton, le sol de l’enclos est remplacé par une sorte de traîneau mobile sur lequel le cochon se retrouve à califourchon, ensuite une deuxième coulisse s’ouvre devant lui et le traîneau avec l’animal glisse vers l’avant dans un autre box. Là une brute de boucher chargé de l’abattage – je l’ai toujours appelé en moi-même Frankenstein – branche les électrodes. Une tenaille d’étourdissement à trois points, comme le directeur me l’a expliqué. On voit dans le box le cochon qui tente de se cabrer, puis le traîneau est brusquement retiré et la bête, palpitante, s’affaisse dans un flot de sang en agitant nerveusement les pattes. Ici l’attend une autre brute de boucher, qui sûr de sa cible, enfonce le couteau en-dessous de la patte avant droite du cochon; un flot de sang foncé gicle et le corps s’affaisse vers l’avant. Quelques secondes plus tard, une chaîne de fer se referme sur une des pattes arrière de l’animal qui est hissé vers le haut; la brute de boucher dépose alors son couteau, s’empare d’une bouteille de cola souillée, déposée à même le sol recouvert d’une couche de sang d’au moins un centimètre, et en boit une gorgée.

Je décide de suivre les cadavres qui, balancés à leur crochet, et saignant abondamment, sont dirigés vers l’ « enfer ». C’est ainsi que j’ai dénommé la pièce suivante. Celle-ci est haute et noire, pleine de suie, de puanteur, de fumée. Au terme de plusieurs virages au cours desquels le sang se déverse encore à flots, la rangée de cochons arrive à une sorte d’immense four. C’est là que la soie du porc est éliminée. Les corps des animaux tombent par une sorte d’entonnoir à l’intérieur de la machine. On peut y voir à l’intérieur. Les flammes jaillissent et, pendant quelques secondes, les corps sont secoués de tous côtés, et semblent accomplir une danse grotesque et trépidante. Ils sont ensuite largués de l’autre côté sur une grande table où ils sont immédiatement attrapés par deux grosses brutes de bouchers qui commencent par enlever les parties de la soie qui n’ont pas été éliminées, puis grattent les orbites oculaires et séparent les sabots des pattes. Tout cela se déroule très rapidement, le travail s’effectue en plein accord. Pendues aux crochets par le tendon des pattes postérieures, les bêtes mortes sont alors dirigées vers un châssis métallique contenant une sorte de lance-flammes. Dans un bruit assourdissant, le corps de l’animal est soumis à un jet de flammes qui l’espace de quelques secondes l’enveloppe tout entier. La chaîne mobile se met alors à nouveau en mouvement et emporte les corps dans la halle suivante, celle-là même où je me suis trouvée durant les trois premières semaines. Là les organes sont retirés et apprêtés sur la bande mobile supérieure. La langue est palpée, les amygdales et l’œsophage détachés et jetés, les ganglions lymphatiques coupés, les poumons mis aux déchets, la trachée-artère et le cœur ouverts et les échantillons pour l’examen de trichine prélevés, la vésicule biliaire extirpée, et le foie examiné à cause de la présence possible de poches de vers. Beaucoup de porcs ont des vers et si leur foie en est rempli, il doit être jeté. Tous les autres organes, comme l’estomac, les intestins, l’appareil génital, sont envoyés au rebut. Sur la bande mobile inférieure, le reste du corps est apprêté: divisé en morceaux; les articulations coupées; l’anus, les reins et les parties graisseuses entourant les reins enlevés; le cerveau et la moelle épinière retirés, etc., et ensuite une marque est imprimée sur l’épaule. Le cou, le bas du dos, l’abdomen et les cuisses sont préparés pour la pesée, puis dirigés vers la chambre froide. Les animaux jugés impropres à la consommation sont « provisoirement écartés ». Pour le marquage, qui est une opération effectuée dans la sueur sur des cadavres tièdes et visqueux qui pendent très haut en fin de bande, il faut faire très vite quand on n’a pas l’habitude: on risque de se faire assommer par les moitiés de bêtes qui arrivent en force devant la balance et s’entassent les unes sur les autres avec violence.

Je ne dirai pas le nombre de fois que j’ai laissé mon regard errer sur l’horloge murale de la salle de pause! Mais ce qui est sûr, c’est qu’en aucun autre endroit au monde le temps ne passe plus lentement qu’ici. Un temps de pause est octroyé au milieu de la matinée, et c’est essoufflée que je me précipite aux toilettes, et que tant bien que mal je me nettoie du sang et des lambeaux de chair; c’est comme si cette souillure et cette odeur allaient s’accrocher à moi pour toujours. Sortir, seulement sortir d’ici. Je n’ai jamais pu avaler quoique ce soit comme nourriture dans ce bâtiment. Soit je passe mon temps de pause, aussi froid qu’il puisse faire dehors, à courir jusqu’à la clôture en fils de fer barbelés et regarde au loin les champs et l’orée du bois, et j’observe les corneilles. Ou alors je traverse la rue et me rends au centre commercial où je peux me réchauffer en buvant un café dans une petite boulangerie. Vingt minutes après, on est de nouveau à la chaîne. Manger de la viande est un crime. Jamais plus ceux qui mangent de la viande ne pourront être mes amis à nouveau. Jamais, jamais plus. Je pense que tous ceux qui mangent de la viande devraient être envoyés ici, et voir ce qui s’y passe, du début à la fin.

Je ne suis pas restée ici parce que je veux devenir vétérinaire, mais parce que les gens veulent manger de la viande. Et pas seulement cela: mais parce qu’en plus ce sont des poltrons. Leur escalope blanchie, stérile, achetée au supermarché, n’a plus les yeux qui déversent des flots de larmes de frayeur devant la mort, pas plus qu’elle ne hurle quand le couteau va frapper. Vous tous qui vous nourrissez des cadavres de la honte, cela vous est soigneusement épargné, vous qui dites: « Non, moi, cela je ne pourrais pas le faire ».

Un jour, un paysan est venu, accompagné de son fils, âgé de 10 ou 11 ans, pour faire analyser un échantillon de viande pour la trichine. En voyant l’enfant aplatir son nez contre la vitre, j’ai pensé que si les enfants pouvaient voir toute cette horreur, tous ces animaux tués, il y aurait peut-être un espoir de changement. Mais j’entends encore l’enfant crier à son père: « Papa, regarde là, quelle énorme scie!.. »

Le soir, à la télévision, on annonce aux informations: « mystère non encore résolu » à propos du meurtre perpétré sur une jeune fille, assassinée et coupée en morceaux et je me rappelle la frayeur générale et le dégoût de la population devant cette atrocité. Je dis: « Des atrocités semblables, j’en ai vues 3700 rien qu’en une semaine ». Maintenant, je ne suis plus seulement une terroriste, mais encore je suis malade, là-haut, dans ma tête. Car je ressens non seulement de l’effroi et de la répugnance envers le meurtre commis sur un être humain, mais aussi envers ceux commis sur des animaux des milliers de fois en une seule semaine et dans un seul abattoir. Etre un humain, cela ne signifie-t-il pas dire non et refuser d’être le commanditaire d’un meurtre à grande échelle – pour un morceau de viande? Etrange nouveau monde. Il est possible que les tout petits veaux trouvés dans l’utérus déchiré de leur mère, et qui sont morts avant même d’être nés, ont encore connu le moins mauvais sort d’entre nous tous.

D’une manière ou d’une autre, le dernier de ces interminables jours est enfin arrivé et j’ai reçu mon certificat de stage, un chiffon de papier, cher payé si tant est que j’ai jamais payé cher quelque chose. La porte se referme; un timide soleil de novembre m’accompagne depuis la cour de l’abattoir jusqu’à l’arrêt du bus. Les cris des animaux et le bruit des machines s’estompent. Je traverse la rue alors qu’un gros camion à remorque amenant du bétail prend le virage pour entrer dans l’abattoir. Il est rempli sur deux étages de cochons, serrés les uns sur les autres.

Je pars sans un regard en arrière car j’ai porté témoignage et, à présent, je veux essayer d’oublier et de continuer de vivre. A d’autres de lutter maintenant; moi, ce sont ma force, ma volonté et ma joie de vivre qui m’ont été pris et remplacés par un sentiment de culpabilité et de tristesse paralysante. L’enfer est parmi nous, des milliers et des milliers de fois, jour après jour.

Une chose nous reste pourtant, et pour toujours, à chacun: Dire Non. Non, non et encore non!

Ca se passe chez vous, et vous noterez que je vous ai fait grâce d'une galerie de photos particulièrement sordides..

TEMOIGNAGE CONCRET SUR L'HORREUR DE L'ABATTOIR

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« Oscar » : le fait divers qui masque notre hypocrisie

8 Février 2014, 00:09am

Publié par VGBIO

je vous conseille la lecture de cet excellent article de l'association marseillaise ALARM, qui lutte contre l'exploitation animale:

http://alarm-asso.fr/oscar-le-fait-divers-qui-masque-notre-hypocrisie/

« Oscar » : le fait divers qui masque notre hypocrisie

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ENCORE UN CHAT TORTURE PAR DES ADOLESCENTS

5 Février 2014, 19:59pm

Publié par VGBIO

Trois ados maltraitent et tuent un chat à l'acide!

http://www.ladepeche.fr/article/2014/01/25/1802764-lamagistere-trois-ados-arretes-avoir-tue-chat-acide.html

Mais ils ont quoi dans la tronche ces petits cons? ça ne leur a pas servi de leçon la sanction d'un an de prison pour celui de Marseille! et le chat n'est pas mort!

là, c'est encore plus grave! ils l'ont torturé et tué!LA SANCTION DOIT ETRE EXEMPLAIRE!

mais ils sont mineurs…………..je ne sais pas ce qu'ils encourent

ET LES PARENTS, ILS FONT QUOI? pas capables d'éduquer leurs enfants au respect des animaux! irresponsables, ils devraient aussi être punis! et les profs, ils devraient aussi leur apprendre le respect des êtres vivants sensibles!

Si toutes les semaines, on découvre que des gamins ont torturé des chats, dans quel monde allons nous vivre?

On se bat contre l'exploitation des animaux, qui est immense, pas besoin que les jeunes se mettent à en rajouter.

Ils devraient plutôt venir à nos côtés lutter contre!

Je suis désespérée ce soir!…….impression qu'on n'y arrivera jamais à faire reculer toutes ces tortures infligées à ces milliards d'animaux chaque année!

élevages industriels, corridas, jeux cruels, zoos, cirques, fourrure, chasse, etc………….comme le combat est vaste.

mais comment peut-on torturer un animal? pourvu que mes 5 amours de chats ne tombent jamais entre de telles mains!

signez la pétition, ça fait pression sur la justice:

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Tribunal_de_Montauban_A_lattention_de_Mesdames_Les_Juges_des_enfants_Que_cette_horreur_soit_punie_comme_il_se_doit_meme_/?fbdm

ENCORE UN CHAT TORTURE PAR DES ADOLESCENTS

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EXPLOITATION ANIMALE: LE PIRE EST A VENIR! CAMP DE CONCENTRATION POUR VEAUX

6 Janvier 2014, 15:41pm

Publié par VGBIO

un peu découragée quand on découvre certaines horreurs!

la dernière en date est la hutte pour veau. Non, vous ne rêvez pas, le concept de huttes (ou huches disent-ils en traduisant de l'anglais "hutches")

Le principe: donc, après avoir volé le veau qui vient de naître à la mère, on en parque des centaines dans des huttes à veau, seul, et encagé!

plus de détails ici:

http://www.calftel.com/fr/

voici à quoi ça ressemble:

(et si ça vous fait pensez à un camp de concentration, ben oui, c'en est bien un pour veaux!)

Mais jusqu'où iront-ils dans la torture des animaux????????? je trouve qu'il n'y a plus de limites!………..leur slogan? "là où se loge le futur"………….triste futur pour les pauvres veaux volés à la tendresse de leur mère pour finir dans ces camps!

EXPLOITATION ANIMALE: LE PIRE EST A VENIR! CAMP DE CONCENTRATION POUR VEAUX

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MES SOUHAITS POUR 2014

2 Janvier 2014, 14:14pm

Publié par VGBIO

…………que la souffrance animale recule, que de plus en plus de gens deviennent végétaliens ou vegans.

et une année très heureuse et belle à ceux qui aiment et respectent les animaux!…………pas aux autres! c'est très clair!


Pour ceux qui pensent encore que la viande est indispensable et bonne pour la santé, regardez cet excellent documentaire allemand……….

MES SOUHAITS POUR 2014

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